LA Histoire part9
L’enfant me parla. Je ne comprenais pas ce qu’il me disait. Des sons sortaient de son visage sans mouvement de sa bouche. Son langage semblait être fait de sourdes vibrations et de sifflements stridents.
Il restait debout, sans bouger devant moi, les bras le long du corps. De petite taille, sa peau avait des reflets métalliques et son visage, lisse, sans aucune aspérité, était dénué de toute expression. D’un bleu très lumineux, ses pupilles contrastaient avec l’iris de ses yeux d’un noir carbone. Bien bâtit , sa silhouette était carrée, anguleuse et aiguisée.
Le flot de parole de cet être s’arrêta subitement.
Et il me tira la langue.
Une langue ronde et brillante qui me jeta aux yeux des éclats de lumière. Une vive douleur m’agressa au niveau de l’arrière du crane. Mes muscles me brûlaient et mon sang circulait douloureusement dans mes veines. Je ne voyait plus que du noir. Il fit soudain très froid.
Puis plus rien.
…
J’ouvris les yeux sur un homme que je ne connaissais pas. La lumière m’agressais les yeux. J’étais allongé par terre, sur un sol frais. J’avais mal à l’épaule gauche.
« -ça va mon garçon ? » me demanda-t-il d’un ton calme.
L’inconnu m’aida à m’asseoir et me tendit une gourde. Je bu, hébété. Autour de moi se trouvait les restes de ce qui avait du ressembler à un sociolieux de ma contrée natale. Un comptoir en bois massif recouvert d’une épaisse tôle plié, une tireuse à alcool de houblon, et un panneau à même le sol sur le quel il était écrit « πian ». Le reste de la battisse s’était effondré. Le contour haché de la silhouette des pans de murs se détachait sur le ciel bleu. Les ronces et les mauvaises herbes envahissait les ruines des bâtiments aux alentours.
J’étais perdu. N’étais-je pas, il y a peu encore, accompagné d’un champignon sauteur dans la jungle de Bordel’s ?! C’était à n’y rien comprendre…
« -Ou suis-je ? » demandais-je à l’inconnu.
Il m’examina de la tête au pied. Il semblait fatigué.
« -Tu es à Bordeaux, me dit-il posément.
Je savais que Bordeaux se situait en Europe mais pas ou exactement.
« Nous avons traversé clandestinement l’Océan Atlantique à bord de l’hydrojet de transport rapide le Kemba, continua-t-il. Il y a de cela quinze semaines que nous avons quitté la Fédération d’Amérique. »
« -Quoi !! hurlais-je. Quinze semaines !! »
Je me mis à tourner en rond dans la pièce en me frappant la tête. J’essayais de remonter le fleuve de mes souvenirs, mais aussi loin que je remontais, pas plus d’une semaine ne s’était écoulé depuis…
C’est alors que je réalisa. Je m’arrêta net. Depuis quel évènement exactement ? Une confusion de souvenirs qui n’avaient ni queue ni tête se bouscula dans ma tête. Tout se mit a tourner autour de moi. Avais-je rêvé ? Je ne savais même pas avec qui j’étais. Je ne pouvais m’en remettre à mes souvenirs loufoque de champignon sauteurs et de sapin sauce bolognaise… L’homme debout en face de moi me paraissait familier. Les traits de son visage, l’intonation de sa voix ne m’étaient pas inconnus.
Il fallait agir, je ne pouvais pas rester ici. Je comprendrais plus tard. Et j’avais faim en plus.
Pouvais-je faire confiance à cet homme ?
« -Qui êtes-vous ? lui demandais-je
-Vous devriez vous rappelez de moi. Il sourit. Regardez donc cette ancienne chaîne hi-fi en face de vous. »
-une chaîne hi-fi ? fis-je en fronçant les sourcils. Me prenait-il pour un imbécile ?
-Elle ne vous rappelle rien ? »
Je regardais la chaîne hi-fi…C’était une Sony, de belle facture, noire carbone, avec un affichage digitale bleu. Le lecteur de disque ultra compact était resté ouvert, et nous présentait un album d’un groupe qui avait eu beaucoup de succès une dizaine d’années auparavant.
« -Vous avez parlé pendant plus de trois heure a cette chaîne hi-fi. A l’ouverture du lecteur de disque, vous étés tombé en arrière. C’est à ce moment que vous avez franchit la barrière, vous êtes revenu ici », me dit-il.
C’est alors que le souvenir de l’enfant me revînt. Mais étais-ce possible que j’ai perdu la tête a ce point. L’homme insinuait que je prenais cette chaîne hi-fi pour une personne et que je parlais avec elle ! impossible !
Je ne pouvais me résoudre a cette explication saugrenue. La colère commençait à faire suite à l’incompréhension.
« -Vous croyez que vous allez me faire croire n’importe quoi ! hurlais-je en agitant les mains comme pour repousser les idée de cet homme. Je ne sais pas qui vous êtes, mais j’ai certainement été drogué. Vous n’êtes vraisemblablement pas de la brigade anti-kre, et je vous en félicite, mais vous ne vous payerez pas ma tête plus longtemps ! Je vous laisse ici ! »
Avant de partir, cependant, je devais lui faire passer le test.
« -Pouvez vous me dire combien font 76-8/ζ+4*(64-63)-19+106*f(Φ) ? lui demandais-je
-Le résultat est 79 », me répondit-il sans sourciller.
Il était fort mais je n’avais plus le temps de jouer, il me fallait partir. Où aller ? Comment m’assurer que j’étais à Bordeaux ? Je tourna le dos à l’homme et parti d’un pas décidé. Cet homme ne devait être qu’un citadin sans distraction.
Je n’eut le temps que de faire cinq pas avant que la voix que j’entendis me glaça le sang.
« Agent K007 ! revenez espèce de pecnot !»
C’était la voix du maître kre champignon. Je me retourna brusquement et vit le champignon sauteur me bondir dessus, et me retourner une gifle si forte que je tomba a genoux. Je secoua la tête et me releva, mais plus de champignon. L’homme se dressait a cote de moi.
« -Tu as basculé agent K007. Lorsque tu es venu à ma rencontre, nos esprit sont rentrés en résonance. Nos basses fréquence cérébrales se sont annulées. Un moment de kre pur s’en ai suivi. Tu ne l’as pas supporté. Cet évènement est extrêmement rare et n’arrive jamais à des personnes comme toi. Des personnes non inities. » dit-il solennellement d’une voix grave.
Soudain, une explosion se fit entendre, suivi d’une autre et d’un flash lumineux créant un épais nuage de fumée qui se dirigeait dans notre direction.
« -Ils reviennent, nous aurions déjà du partir !
-Qui ça ? La brigade anti-Kre ? demandais-je
-Plus tard les questions ! »
Je couru et le suivi.
Il avait une tête en forme de champignon…
Commentaires KRE